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LIGUÉS FACE À 2 QUESTIONS CRUELLES

Fin 2024, des habitants de tous âges et de toutes sensibilités se sont retrouvés pour créer Vive Saint-Aubin, association laïque comme son nom ne l’indique pas.
Leur objectif était de trouver des réponses simples à deux questions moins simples :

            – Comment de simples citoyens peuvent trouver des fonds (de l’ordre de 500 000 €) pour sauver la plus belle pièce de leur patrimoine : l’église collégiale Saint-Aubin, érigé il y a 1000 ans, souvent détruite et toujours reconstruite les siècles suivants, délaissée à l’époque contemporaine ?

           – Quelles actions de long terme mettre en œuvre pour être à la hauteur du prestige de cet édifice dès lors qu’il est restauré ?

RÉPARER ET AMÉNAGER

La collégiale Saint-Aubin de Blaison est la commande du comte d’Anjou Foulques Nerra, au début du XIe siècle, qui confiait ainsi à un collège de chanoines le salut de son âme. Il en avait bien besoin pour expier la brutalité de ses conquêtes territoriales qui ont donné naissance au vaste et puissant comté d’Anjou. Au cœur de l’Anjou, cet édifice a traversé toutes les horreurs et les gloires de notre histoire. Pourtant, la passion qui a suscité tant d’embellissements à chaque siècle, s’est éteinte il y a 100 ans. C’est le sort de beaucoup d’églises de campagne.

Il est désormais indispensable de lancer des chantiers de restauration de grande envergure et surtout de penser l’avenir de cet édifice d’exception.

L’idée d’aménager l’église pour qu’elle devienne un lieu culturel s’est vite imposée.

L’intérêt est double : maintenir une activité cultuelle, même modeste, et accroître l’attractivité de l’église et de la commune par l’organisation d’événements réguliers.

L'OBSESSION DE LA BOITE D'ÉPINGLES

Une création qui ne parvient pas à se distinguer parmi toutes les créations alentours est comme une épingle dans une boite d’épingle. Perdue, banal, sans intérêt et sans avenir.

Au sein de Vive Saint-Aubin, éviter le syndrome tragique de la boite d’épingles est une obsession.

La collégiale est exceptionnelle par son histoire et son architecture. Mais elle est petite, en campagne, mêlée en France à d’innombrables édifices tout aussi exceptionnels.Sa restauration s’annonce d’un qualité telle que son avenir sera assuré mais qui le saura dans quelques générations, si elle ne vit pas ?

Bref, nous n’avons pas les moyens d’être moyens.

Pour que cette église vive encore très longtemps, il est indispensable que ce qu’il s’y passe soit aussi exceptionnel que l’édifice lui-même.

Ainsi sont nées les Rencontres Diachroniques, originales, totalement inédites, ambitieuses, inépuisables.Ainsi émergeront bien d’autres événements pensées pour porte les mêmes qualités.

L'INDISPENSABLE LAÏCITÉ

Ici, comme le disait le poète Aragon pour saluer l’union qui permet la résistance, il y ceux qui croient au ciel et ceux qui n’y croient pas.

Et pour que vive Saint-Aubin, cette petite église de campagne fatiguée, superbe patrimoine de tous, il faut que les uns et les autres oublient ce qui les sépare.

L’association est profondément laïque car elle respecte, défend et prend soin de toutes les sensibilités sans en épouser aucune.

Défendre ce parti pris est un défi et le relever est le seul moyen de réussir.

C’est une folie, dit-on.

C’est surtout une aventure hors du commun, enthousiasmante, périlleuse, fragile. Enviable.

La collégiale Saint-Aubin, une église remarquable mais en péril

La collégiale Saint-Aubin de Blaison est la commande du comte d’Anjou Foulques Nerra qui, au début du XIe siècle, confiait ainsi à un collège de chanoines le salut de son âme. Il en avait bien besoin pour expier la brutalité de ses conquêtes territoriales qui ont donné naissance au vaste et puissant comté d’Anjou. Au cœur de l’Anjou, cet édifice a traversé toutes les horreurs et les gloires de notre histoire. Pourtant, la passion qui a suscité tant d’embellissements à chaque siècle, s’est éteinte il y a 100 ans. C’est le sort de beaucoup d’églises de campagne.

Il est désormais indispensable de lancer des chantiers de restauration de grande envergure

80% de la toiture est à remplacer à court terme. L’eau est redoutable pour la charpente et pour les voutes

Il est indispensable de grillager les innombrables accès des pigeons et des choucas 

Le remarquable ensemble de 40 stalles du XVe siècle est attaqué  par l’humidité et les xylophages

L’humidité  transpirant des bases de murs extérieurs ronge les bases de l’édifice

Les cloches du XVIIe et XIXe s. sont supportées par une structure en chêne (le beffroi) en très mauvais état.

La dégradation des gouttières favorise la pousse de végétaux qui détruisent le fragile tuffeau.

Les grandes toiles du XIXe s. qui ornent les transepts et la nef sont toutes victimes de l’humidité

La stucture de la chaire posée au XIXe s. est rongée par la rouille et nécessite une restauration complète